Le gyotaku est une technique picturale japonaise datant du XVIIIe siècle et qui consiste à reproduire l’empreinte de poissons le plus fidèlement possible. Le mot se traduit du Japonais par poisson (魚, gyo) et empreinte ou frottement (拓, taku).À l’époque, cette méthode permettait aux pêcheurs d’immortaliser leurs prises, ils pouvaient ainsi témoigner de la taille et de la valeur de leurs pêches.
L’artification du Gyotaku représente un phénomène contemporain où cette technique traditionnelle japonaise, à l’origine utilitaire, devient un pont entre l’art, la science et le culinaire, tout en répondant à des enjeux écologiques, pédagogiques et culturels. Artisan et artiste culinaire, Luc Legendre préserve cet esprit, ancien cuisinier formé dans des restaurants étoilés, il découvre le Gyotaku par la littérature et la cuisine japonaise et explore cet art comme une extension naturelle de son métier. L’univers artistique de Luc mêle donc le milieu culinaire et cet art traditionnel des communautés littorales.
« Je connais de Luc son engagement pour la transmission des savoirs, sa passion pour le respect du produit. En intégrant le Gyotaku à ses pratiques, il n’est plus seulement un artisan, il est un artiste incontesté. »
“Dans ma quête artistique, je m’efforce de prévenir le gaspillage et la destruction, en veillant à ne pas maltraiter les animaux ni à contribuer à la surpêche. Ne pêcher que pour se nourrir et enterrer les arêtes des poissons consommés dans son jardin pour fertiliser l’environnement sont deux exemples de pratiques.
Je reconnais également le gyotaku comme un outil de recherche et d’illustration scientifique précis. Cela a permis à cet art de s’intégrer aux efforts de conservation et de devenir un outil pédagogique pour l’étude de l’anatomie des animaux marins. Le gyotaku permet de découvrir l’anatomie de base des poissons et les adaptations de leur organisme à leur milieu de vie, comme les grands yeux des espèces vivant dans les eaux profondes et obscures. Cette pratique illustre parfaitement la complémentarité et l’enseignement conjoint de l’art et de la science, et offre un moyen d’éveiller sa créativité dans un cadre éducatif. Le plus important à retenir concernant le Gyotaku, c’est sa véritable signification :
Le gyotaku est né du désir des pêcheurs de conserver l’image du poisson qu’ils avaient péché et qu’ils allaient manger.
Le gyotaku doit comporter trois éléments : la pêche, l’impression, la dégustation. Si l’un de ces trois éléments manque, ce n’est pas du gyotaku. C’est une simple estampe de poisson et elle ne doit pas porter ce nom.”
Un Award lui a été décerné par l’association Takuseikai et le maître Masatsu Matsunaga à Osaka en mars 2022.
Site web : Bzh_Gyotaku / Instagram : Bzh_Gyotaku